1 – Aspect du bois
L’aspect et les caractéristiques du bois de «pin» d’Oregon varient assez largement avec les conditions de croissance et la provenance ; on en distingue deux types :
Il est commercialisé aux Etats-Unis sous le nom de «red fir». Il s’agit, en général, du bois d’arbres moins âgés, à croissance plus rapide, dont les peuplements, plus clair, couvrent les montagnes de l’intérieur.
Dans le «pin» d’Oregon, l’aubier est toujours distinct, blanc crème exsudant de la résine à l’état frais, sujet au bleuissement. Il est étroit (2 à 3cm) dans les arbres de forêt primaire, plus large (7 à 10cm), dans les arbres de seconde génération. Le duramen est jaune ou rougeâtre, résineux.
Les cernes sont très nettement tranchés, avec un passage très brusque du bois initial au bois final. Il en résulte un veinage fortement marqué, qui donne un aspect ramageux aux bois sur dosse, ainsi qu’au placage déroulé et au contre-plaqué.
Les canaux résinifères sont bien visibles, fins à moyens, situés surtout dans le bois final, isolés ou groupés, mais peu nombreux, disposés souvent en alignement tangentiel.
Les poches de résines sont fréquentes, parfois très importantes. L’odeur de résine est sensible à l’état frais.
Les rayons ligneux, unisériés, sont petits, mais visibles sur quartier, comme ceux du mélèze. Sur quartier, le fil est droit, avec très peu de nœuds dans les sciages américains de «pin» d’Oregon tirés des billes de pied. Les nœuds sont, au contraire, de gros diamètre, généralement sains et adhérents, dans les sciages tirés des sur billes.
Le bois de douglas des plantations européennes présente des caractères assez différents. Le duramen est rose saumon à brun-rougeâtre et l’aubier, blanchâtre, est large. Les cernes sont bien marqués, irréguliers, généralement nettement plus large que ceux du «pin» d’Oregon américain, avec une transition un peu moins brutale en partant du bois initial. Cependant, l’augmentation de largeur des cernes n’entraine pas, comme beaucoup d’autres conifères, une réduction proportionnelle de la texture. Ceci explique que le Douglas de plantation, dont la croissance est rapide, conserve une densité qui est assez proche de celle du «pin» d’Oregon américain, avec de bonnes résistances mécaniques. Mais le bois, à grain plus grossier, est plus hétérogène et ne permet pas d’obtenir à l’usinage la même qualité de surface. D’autant plus que les nœuds sont nombreux et de fort diamètre, entraînant des irrégularités de fil, car l’élagage naturel ne se fait que très tardivement.
2 – Propriétés physiques
La masse volumique du «pin» d’Oregon varie largement dans les provenances américaines. Le classement qualitatif est effectué, pour les sciages, selon la texture et la moyenne des cernes (nombre des accroissements annuels au pouce mesuré suivant le rayon), ces deux caractéristiques étant en étroite relation avec la densité ; la moyenne de masse volumique est de 550Kg au m3 à 12% d’humidité, pour de 5 à 7 cernes au pouce.
La masse volumique de Douglas qui a crû en Europe n’est pas très différente, entre 450 et 600Kg au m3, avec une plus grande dispersion vers les densités plus faibles, ce qui doit être attribué à une irrégularité beaucoup plus grande de la largeur des cernes (entre 3 et 12mm) et à l’exploitation beaucoup plus précoce. Il en résulte une dureté moyenne du bois plus faible et plus variable.
Le retrait total en volume du «pin» d’Oregon est plutôt faible à moyen (11 à 12.5%), un peu plus élevé pour le Douglas de plantation (12 à 14%). La nervosité est également modérée, le coefficient de rétractibilité en volume moyen (0.35 à 0.45%) étant inférieur à celui du pin sylvestre, au moins pour les bois américains. Cependant, on note une tendance marquée à la gerce superficielle des pièces de bois massif ou du contreplaqué exposé aux intempéries.
3 – Durabilité naturelle, imprégnabilité
La durabilité naturelle du duramen du «pin» d’Oregon est moyenne, tandis que l’aubier, qui est abondant dans le Douglas de plantation, est non durable est sujet au bleuissement, mais susceptible d’être traité efficacement, contrairement au duramen, difficile à imprégner sans incisions préalables.
Le «pin» d’Oregon est apprécié pour sa bonne tenue aux agents chimiques. Mais sa réaction acide, qui explique sa résistance, peut aussi entraîner en milieu humide, la corrosion des métaux mis à son contact.
4 - Caractéristiques mécaniques
Les résistances mécaniques sont en relation direct avec les caractères de structure (texture, régularité du fil, fréquence et dimension des nœuds). Les classements américains des sciages par résistance mécanique tiennent compte du nombre de cernes au pouce sur le rayon, et de la texture, avec une certaine compensation possible entre ces deux caractéristiques. Ex. close grain : au moins 6 cernes au pouce (soit 4mm de largeur moyenne des cernes), avec tolérance de 5 cernes seulement (5mm de largeur moyenne des cernes), si la texture atteint ou dépasse 1/3.
Dans le sens axial, les résistances à la rupture et le module d’élasticité sont moyens à forts. On admet généralement que le bois jaune («yellow fir») de provenance côtière, présente des caractéristiques en moyenne un peu plus élevées et surtout plus régulières.
La résistance en compression axiale est bonne et les résistances en traction et flexion dans le sens du fil sont assez élevées, bien que leur rapport à la densité soit moins favorable que pour l’épicéa.
En flexion dynamique ou résistance au choc, le bois de «pin» d’Oregon est plutôt raide et il n’est que moyennement résilient pour des accroissements compris entre 2 et 4mm. Il est assez fissile et peu adhérent transversalement au fil.
Malgré son grain plus grossier, le Douglas de production européenne conserve, avec une texture assez forte, des résistances de base satisfaisantes. Mais la détermination des contraintes admissibles pour les pièces travaillantes est affectée par un choix généralement inférieur : nœuds de diamètre important par rapport à la largeur ou l’épaisseur de la pièce, pente du fil, poches de résine, etc.