Emploi et commercialisation

Le «pin» d’Oregon d’origine américaine est l’un des principaux bois de construction utilisé dans le monde. Il se recommande pour cet usage par les dimensions exceptionnelles des débits, l’absence ou la rareté des nœuds et des défauts dans les premiers choix et une bonne durabilité dans les conditions normales de mise en œuvre à l’extérieur : grosse charpente, hangars, bois d’ossature de maisons individuelles, menuiserie intérieur et extérieure. C’est aussi la principale essence utilisé au Canada et aux Etats-Unis pour la fabrication du contreplaqué utilitaire ou décoratif.

Les sciages de «pin» d’Oregon sont également utilisés dans la construction navale (pont et mature), les ouvrages de génie civil (ponts, viaducs, rails de sécurité des autoroutes en Amérique) ou encore pour les ouvrages hydrauliques ou portuaires (estacades, pilotis, warfs et appontements, etc.) On le préfère même parfois au pitchpin pour ces derniers ouvrages, en raison de ses plus fortes dimensions, mais il doit être traité après incisions pour permettre une pénétration suffisante en profondeur des produits de préservation.

En Amérique, on emploie également le «pin» d’Oregon pour les traverses de voie ferrée, après imprégnation, les conduites d’eau, les silos, etc., ainsi que pour la fabrication de futs d’emballage. On l’utilise enfin pour la construction de matériel roulant, notamment les wagons de chemin de fer.

Les qualités esthétiques des bois de la côte («yellow fir»), jaune veiné, les font apprécier en décoration intérieure (lambris, portes), en bois massifs, en contreplaqué, ou en placage.

Les sciages de «pin » d’Oregon importés en Europe en choix N°2 Clear et Better sont aptes à la menuiserie soignée, intérieure et extérieure, à la fabrication de lames de stores ou de volet roulants, ainsi que de lambris décoratifs nets de nœuds. Le même choix d’importation convient aussi pour la fabrication de matériel industriel, tel que cuves pour l’industrie chimique, la teinturerie et les industries alimentaire.

Les choix plus courants (Select Merchantable et Merchantable et Common n°1,2 ou 3) sont utilisé en construction navale, ainsi que par le Service des Ponts et Chaussées. Ils sont également employés en menuiserie décorative, pour le lambrissage et l’aménagement des magasins et bureaux.

On importe également en Europe d’importantes quantités de contreplaqués de «pin» d’Oregon, en général non poncés (rough ou unsanded), provenant de Colombie Britannique, pour les parois des maisons à ossature bois (sheathing), les éléments de mur ou cloisons, la couverture sous étanchéité, les sous-planchers, etc., la construction de bâtiments agricoles et le coffrage du béton. Ces contreplaqués phénoliques offrent une bonne durabilité et des résistances mécaniques élevées, mais ils ne se prêtent pas au replaquage. Certains types de panneaux contreplaqués importés sont employés comme panneaux décoratifs.

Le bois de Douglas cultivé en Europe, dont la croissance est plus rapide et qui est exploité plus jeune, ne possède, ni les même qualités d’aspect, ni les mêmes caractéristiques et ne convient pas toujours aux mêmes usages que le «pin» d’Oregon importé. Cependant ce bois est résistant au point de vue mécanique, avec une densité moyenne comparable, et il serait assez durable, n’était l’aubier plus abondant.

Exploités vers 60 ou 70ans, les Douglas français fournissent des produits de scierie assimilables aux pins ou sapins de pays, avec un grain souvent plus grossier. En charpente, cette essence est utilisable comme le pin, l’épicéa et le mélèze de plaine. Il est, par contre, en général, beaucoup moins apte à la menuiserie que les résineux indigènes à grain fin ou moyen, car les surfaces rabotées sont fréquemment irrégulières à cause de l’hétérogénéité du matériau. Les choix inférieurs sont utilisés en caisserie ou comme planches de coffrage.

Les plus vieux Douglas français se sont révélés aptes également au déroulage et à la fabrication du contreplaqué pour la construction, le coffrage du béton ou la fabrication des emballages.

En ce qui concerne la production croissante de sciages de Douglas par les scieries française, elle doit répondre aux standards de dimensions et de choix d’aspect ou structural des sciages résineux français.