Qualités technologiques

1 - Le débit des grumes de «pin» d’Oregon par sciage peut être réalisé sans difficulté, le bois étant relativement tendre et les nœuds pas trop durs. Toutefois, dans le Douglas de plantation les poches de résine sont fréquentes et peuvent encrasser quelque peu la lame. De plus la fréquence et la dimension des nœuds nuisent à la qualité de surface des sciages.

Le déroulage du «pin» d’Oregon est facile, en partant de grumes provenant des forêts naturelles du Canada et des Etats-Unis, pourvu que l’épaisseur du placage ne soit pas trop faible. Il peut-être effectué à froid sans étuvage préalable, si les bois sont de fraîche coupe ou conservés dans l’eau. Dans les fortes épaisseurs (3 ou 4mm et plus), le placage obtenu est souvent gercé assez profondément, à moins de pratiquer au préalable vers 80 ou 85° C (durée de 36 à 48h, pour des billes de 0.60 à 0.70m de diamètre).

Le Douglas de plantation, dont le bois est plus hétérogène, se révèle cependant également déroulable. Mais la qualité du placage peut être affectée par des arrachements ou décollements de couches avec éclats à la limite entre bois initial et final. D’autre part, la différence de dureté de ces deux zones qui alternent peut provoquer parfois des irrégularités d’épaisseur du placage.

Le tranchage est facile à exécuter, après étuvage, de préférence en bois sur quartier.

2 - Le séchage du «pin» d’Oregon s’opère assez facilement, malgré quelques risques de fente en bout et de gerces en surface.

Au cours du séchage artificiel, il peut se produire des écoulements de résine, au niveau des gros nœuds et surtout des poches de résine. Il est possible d’adopter des températures sèches assez élevées, entre 70 et 90° C, du début à la fin de l’opération.

Le séchage des placages de «pin» d’Oregon, réalisé habituellement entre 180 et 200° c’est facile et rapide. Seule la forte différence d’humidité initiale entre aubier et duramen crée quelques difficultés, imposant un contrôle automatique et un tri des placages à la sortie du séchoir, si l’on n’a pas procédé à un séchage séparé de l’aubier, comme celà est courant dans les usines américaines de contreplaqué.

3 - L’usinage des sciages de «pin» d’Oregon américains en provenance de la zone côtière permet d’obtenir des surfaces lisses et de réaliser des profils précis, le bois étant à grain serré et relativement homogène, avec peu ou pas de nœuds et défauts, sinon quelques poches de résine accidentelles.

Le bois des jeunes Douglas de plantation se comporte beaucoup moins bien à l’usinage en raison de la largeur des cernes, qui peut atteindre 10mm et davantage et de l’hétérogénéité plus forte qui en résulte entre les couches alternées de bois initial et final. Avec de tels bois le rabotage ne donne pas habituellement des surfaces unies, non seulement à cause de la présence fréquente de nœuds assez gros et d’irrégularités de fil, mais aussi parce que le bois initial, plus mou, se comprime sous l’outil, sans être franchement coupé et regonfle après le passage de l’arête. D’où une surface finalement irrégulière, ondulée, qui n’est pas compatible avec les exigences pour certains ouvrages de menuiserie ou d’ébénisterie plaquée. De plus, la lame des raboteuses et moulurières peut provoquer des arrachements ou décollements à la jonction entre bois initial et final.

4 - Le collage du «pin» d’Oregon est facile avec tous les types de colles. Pour la fabrication industrielle du contreplaqué, on préfère cependant employer actuellement des colles phénoliques dites à température intermédiaire, dont la réaction est alcaline, en les additionnant de poudre de coque de noix pour augmenter leur viscosité.

5 - Le clouage et le vissage sont exécutés sans difficulté, avec peu de risque de fente, sauf en extrémité ou prés des rives des planches minces. Il faut signaler que le bois «pin» d’Oregon est acide et se révèle corrosif en milieu humide pour les clous, boulons et pièces en métaux ferreux non protégés.

6 - La finition, par peinture, vernissage ou application de lasure est aisée. Toutefois la qualité de surface et même la tenue du revêtement dans le temps dépendent de la finesse de grain du bois, tant la préparation par rabotage ou ponçage, que par suite de retraits différents du bois initial et du bois final, exposés aux mêmes variations d’humidité, sous les intempéries. Dans le bois de Douglas à larges cernes. Le bois final, plus dense, gonfle davantage, en provoquant des ondulations et l’écaillage prématuré des revêtements de peinture ou vernis. Il peut également que, sous l’action du soleil ou d’autre sources de chaleur, les poches de résine et les gros nœuds donnent lieu à des excrétions de résine. Cet inconvénient disparaît à la suite d’un séchage préalable du bois à température supérieure à 70° C. Signalons enfin que le «pin» d’Oregon se prête aussi à des traitements de surface par sablage ou brossage à la brosse métallique faisant ressortir en relief les zones de bois final, traitements fréquemment pratiqués en Amérique dans un but décoratif.